A l'Ombre de mes pensées
30 Mai 2013
Je suis vraiment fan du concept des Aiki Taikai, car cette manifestation est toujours la chance de rencontrer de nouveaux styles, professeurs et élèves d’horizons différents.
Cette année, Ellis Amdur était invité pour nous démontrer ces 2 Koryū "Toda-ha Buko ryu et l'Araki ryu" dont il a le plus haut grade et sa vision de l’Aïkido.
Je ne peux cacher ma curiosité de rencontrer cet homme, au vu de son parcours martiales ainsi que de ces nombreux livres en la matière.
Il m’est déjà arrivé d’être déçu des rencontres d’experts, la personne n’étant pas à la hauteur de la légende ou tout simplement que son comportement ou enseignement était sans grandeur, mais pour Ellis Amdur cela ne fut pas le cas !
A son entrée dans le dojo du haut de ces 2 mètres couplé avec une musculature imposante, Amdur Sensei ne passe vraiment pas inaperçu, mais ne jouant pas de sa position, il rentra humblement sourire aux lèvres et salua les personnes qui s’échauffer sur le tatami.
Il réussit aisément dès les premiers instant à détendre l’atmosphère et cela malgré la barrière de la langue pour certains participants.
Il se présenta simplement, réalisa une préparation énergétiques et demanda par la suite que nous fassions des série d’Ukemi pour voir le niveau des participants.
Ce choix de connaitre le niveau des gens par les Ukemi me réconforta dans mes attentes, ce recoupant parfaitement avec les notions et principes des enseignements du Kishinkaï.
La structure du cours était précise, découpée en sous éléments et s’adapter à chaque niveau des personnes présentes du débutant a l’avancé, en accordant son temps à tous et/ou en les prenant comme Uke.
Il arriva à faire exister chaque individu dans le groupe avec une sincérité non sur joué et donc fit sortir le meilleur de nous-même.
Ellis Amdur à cette vrai présence martiale que l’on pourrait appeler Aura que seul les Budoka accomplies atteignent.
Il n’a pas besoin de démontrer une agressivité présente, il fait même preuve de bienveillance mais malgré cela il impose par sa présence un respect qui désarçonne les envies que pourraient avoir des opposants.
Un niveau de Budo que beaucoup de personnes recherchent mais dont la plus part ne trouveront jamais la voie…
Arrêter l’attaque avant même son déclenchement…
Ellis Amdur me fit aussi découvrir le vrai visage du KIAI
Cette notion est souvent idéaliser par les pratiquants, donnant lieu à des légendes de cri qui « tue » ou démontrant des idées ésotériques mystiques….
Mais Ellis Amdur, dès le début de son exposé, nous expliqua que pour lui ce fameux cri permet de mettre en action son corps et son esprit par son utilisation et qu’il ne fallait pas y voir autre chose.
D’ailleurs il expliqua aussi que ce cri pouvait être interne « sans le son » et que son utilisation pendant l’entrainement permet d’avoir une réelle sincérité et engagement.
Je crois bien que c’est la première fois que je ressens l’état particulier de ce principe, je m’explique souvent l’on voit des gens qui crient sans fondement, le corps étant pas lié au son…
Ce jour-là je ressentis une réelle résonance dans mon être, une forme primale, animale qui surgit de l’intérieur
La vidéo de la NAMT est assez incroyable je dois dire à ce sujet
Il est intéressant d’analyser la difficulté d’application du KIAI, dans un premier temps cela nous gêne de crier et souvent cet état entraine le sourire voir le fou rire .
J’avais lu un article anthropologique qui expliquait que le fait de montrer les dents dans le règne animal était un automatisme de défense et que l’homme l’avait conservé sans s’en rendre compte.
L’homme est pour moi un animal évolué et encore des fois on se demande ;)
Et il est vrai que l’on a tendance à sourire ou d’ailleurs crier en cas de gêne ou appréhension d’une situation…
D’ailleurs le Tengu qui est un Kami mi-homme mi- bête est souvent associer à la création des voies martiales japonaises, comme insufflateur aux hommes de leurs connaissances guerrière.
J’espère pouvoir revoir Ellis Amdur lors d’un prochain stage, car ce qu’il a donné était à mes yeux plus qu’une simple démonstration mais de nouvelles sensations et pistes d’études.
Cela me fait penser à une phrase de Allen Pittman lors de son interview a Leo Tamaki
« Un enseignant est comme une nourriture. Il faut en avoir envie. Sinon peu importe le chemin que fait le professeur, ce ne sera jamais suffisant pour l'élève. »
Les Art Martiaux sont la possibilité de se réapproprie notre corps et ces reflexes primales que notre cerveau bloque ou oubli comme je l’expliquais aussi dans mon article sur le principe de cerveau reptilien.
Toutes ces découvertes ne fait que agrandir mon intérêt à apprendre et arpenter la voie et me motive dans mon étude qui s’enrichit à chaque rencontre.